Il est courant de
qualifier le termite d'insecte broyeur " à développement
progressif ". Une telle métaphore peut être utilisée pour décrire le
développement des termites en France, et ce, notamment, depuis une cinquantaine
d'années.
On compte de par le monde
environ deux mille espèces de termites dont la grande majorité vit dans les
régions tropicales et équatoriales. En France, sont rencontrées seulement
trois d'entre elles :
- le reticulitermes
santonensis ou termite de Saintonge ;
- le reticulitermes
lucifugus ou termite lucifuge des Landes, représenté par quatre
espèces :
. le reticulitermes
lucifugus lucifugus ;
. le reticulitermes
lucifugus grassei ;
. le reticulitermes
lucifugus banyulensis ;
. le reticulitermes
lucifugus corsicus ;
- le kalotermes
falavicollis ou termite flavicolle vivant surtout en Provence.
Ce sont les deux
premières espèces que l'on retrouve dans les constructions. La troisième espèce
se trouve fréquemment dans les ceps de vigne, mais depuis deux ans, des dégâts
réalisés par ces termites, ont été signalés dans des éléments de construction.
Les Kalotermes appartiennent à la famille des Kalotermitidae qui sont des
termites de bois secs.
Le tableau suivant résume
ces constatations 7
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Date |
Département |
Eléments de diagnostic |
Localisation des dégâts |
Remarques |
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1994 |
Charente-Maritime (17) |
Vermoulure Essaimants :
Cryptotermes |
Solivage dans la cuisine |
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1994 |
Bouches-du-Rhône (69) |
Vermoulure Essaimants :
Kalotermes Flavicollis |
Parquet sur cave |
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1995 |
Bouches-du-Rhône (13)
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Vermoulure |
Eléments de charpente
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Espèce non déterminée
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1996 |
Alpes Maritimes (06) |
Vermoulure Essaimants : Kalotermes Flavicollis |
Poutre d'auvent Solive |
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1996 |
Loiret (45) |
Vermoulure Nymphes |
Encadrements et
montants de portes isoplanes |
Espèce non déterminée
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1996 |
Bouches-du-Rhône (69)
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Essaimants : Kalotermes
Flavicollis |
Non communiqué |
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1996 |
Var (83) |
Essaimants : Kalotermes
Flavicollis |
Eléments de charpente
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Source CTBA
Les Kalotermitidae sont
des termites qui fondent leur colonie dans le bois lui-même. Ce sont des
colonies plus petites que celles des termites souterrains, puisqu'elles ne
contiennent que plusieurs centaines d'individus. La colonie peut vivre sans
association ou communication avec une source d'humidité. Les individus se
contentent de l'humidité du bois. Presque toutes les essences de bois peuvent
être attaquées. Ces termites peuvent fonder leur colonie dans des arbres morts,
mais aussi dans des éléments de structure en bois, des meubles et des
menuiseries même si ils sont mobiles. Il pénètrent dans le bois par des
crevasses, des fentes ou même par d'anciens trous de sortie d'insecte à larve
xylophage (Capricorne, Lyctus, Vrillette).
La biologie des termites
de bois secs est différente de celle des termites souterrains, les méthodes de
lutte ne sont donc pas les mêmes. C'est pour cette raison que devant des
dégradations, il est nécessaire de rechercher quel est le genre de termites mis
en cause.
La carte suivante permet
de mieux appréhender la répartition des termites en France en 1996.
La présence des termites
dans les villes du Sud-Ouest de la France est officiellement connue depuis le
XVIIIe siècle. Jusqu'à ces vingt dernières années, les zones contaminées de
façon endémique étaient : les régions au sud de la Loire (sur une bande côtière
d'une centaine de kilomètres de long de l'Atlantique, qui s'élargit dans le
bassin de la Garonne), le pourtour du bassin Méditerranéen et cinq quartiers de
Paris dont l'infestation a été décelée à la dernière guerre. Or, depuis les
années 1960 et de façon plus prononcée les années 70, on constate une extension
des zones atteintes vers le Nord-Est. Ainsi, on note leur présence
au nord de la Loire, une recrudescence d'activité dans certains départements,
l'infestation de quartiers isolés dans des villes éloignées de leur zone
d'origine (16), la multiplication des quartiers de Paris touchés (15 au lieu
de 5) et la dissémination de dix foyers dans la banlieue et la région
parisienne, foyers éloignés les uns des autres.
Le facteur humain est
fondamental comme
élément explicatif de la propagation du phénomène : en effet, l'animal
s'attaque à l'habitat (bois, charpente...) et on sait que sa progression
s'est accrue avec la généralisation du chauffage central (vers 1945-1950).
En outre, on peut constater que les termites se développent en rapport inverse
de l'activité humaine, investissant des zones délaissées ou non entretenues par
l'homme.
Ainsi la biologie des
termites s'acclimate-t-elle donc très bien de l'urbanisation croissante.
Deux facteurs permettent tout particulièrement
leur développement :
• La nécessité d'une
source d'eau
La condition première du développement
des termites est la possibilité d'un approvisionnement en eau. C'est pour cette
raison que leur présence est notée généralement dans les régions humides, dans
les agglomérations situées à proximité d'un cours d'eau ou dans les endroits où
la nappe phréatique est à une faible profondeur.
Toutefois, il est à noter
que, si l'eau est indispensable, les quantités qui leur sont nécessaires
peuvent être relativement faibles. Ainsi la condensation produite sur un tuyau
d'eau calorifugé, de même que l'eau de pluie s'infiltrant dans un mur dont le
crépi est mal entretenu, peut leur fournir une source d'humidification
suffisante.
En outre, les remontées
capillaires ou l'humidité ascensionnelle qui proviennent sauf exception, des
terres, des fondations et des murs de soubassements, favorisent la présence des
termites.
L'origine de cette
humidité peut être également de cause accidentelle, soit due à une fuite par
rupture de canalisation, soit par manque d'étanchéité d'un collecteur d'eaux
pluviales, etc...
Cette constatation est
d'autant plus vraie dans les régions à forte hygrométrie, telle que le
Sud-Ouest, ou riches en eaux souterraines du type sources ou rivières comme le
Sud-Est.
Ainsi, dans les villes
très urbanisées, les souterrains, le chauffage et les réseaux favorisent le
cheminement et le développement des termites.
• L'action de la
température
La présence des termites
sous les latitudes tropicales, équatoriales et en France dans les régions
méridionales démontre les besoins qu'a cet insecte d'une température ambiante
élevée. Si celle-ci peut leur être donnée par le climat, elle peut aussi leur
être artificiellement fournie par le chauffage interurbain ou la pratique de
l'isolation des bâtiments.
La combinaison
humidité/chaleur est donc un des facteurs clé du développement des termites.
Dans son livre intitulé
" La vie des termites ", Maurice Maeterlinck fait état des
constatations du Dr David Livingstone (1871) explorateur et naturaliste qui,
avec le Dr Stanley, constatait, sur les bords du lac Tanganyika que l'intérieur
des termitières conservait une humidité surprenante et invariable, malgré
l'aridité de l'air et du sol calciné des étés tropicaux qui tarissent les
sources et dessèchent jusqu'aux racines des arbres.
Le Dr Livingstone se demandait,
si les termites, par des procédés inconnus, ne réussissaient pas à combiner
l'oxygène de l'atmosphère, avec l'hydrogène d'amas végétaux stockés dans la
termitière, de manière à reconstituer l'eau dont ils ont besoin par
évaporation.
Ainsi comme tout
parasite, le termite est-il lié à la vie de l'homme. Phénomène ancien et en constante
progression (on trouve des foyers de termites dans une cinquantaine de
départements français), il a provoqué déjà de très nombreux sinistres.
" Il n'y a
pas... une famille d'insectes dont les membres mènent une guerre aussi
incessante contre l'oeuvre de l'homme " écrivait W.W. Frogatt en 1895 dans son
ouvrage sur les termites en Australie.
Les maisons croulent
intérieurement rongées de la base au sommet. Les meubles, les luges, les
papiers, les vêtements, les chaussures, les provisions, les bois...
disparaissent.
L'alimentation de ces
insectes, les modes de propagation et leur condition de vie provoquent ces
dégâts dont la
littérature scientifique donne de multiples exemples.
L'aliment principal du
termite est essentiellement la cellulose qu'il recherche partout où il est
susceptible de la trouver :
- le bois : souche, bois
ouvrés (solive, parquet, meuble, charpente),
- le papier,
- les textiles.
Les termites sont
généralement considérés comme des mangeurs de bois. Mais, si cette conception
est le plus souvent vraie, les Isoptères ne sont pas tous exclusivement
xylophages ; il existe parmi eux de véritables polyphages comme le
Mastotermes darwiniensis, fléau de l'Australie septentrionale, qui consomme non
seulement tout ce qui contient de la cellulose (bois, toile, coton, etc.) mais
aussi la laine, la corne, l'ivoire, le sucre, etc. Cette polyphagie rapproche
les termites des blattes qui ont un régime omnivore. En règle générale, les
espèces les plus primitives (Kalotermes, Zootermopsis) sont xylophages, les
Rhinotermitidés (Reticulitermes) y ajoutent diverses matières d'origine
végétale, et les espèces supérieures (famille des Termitidés) ont des régimes
plus variés[8].
Au cours de leur
recherche de nourriture, ils peuvent dégrader de nombreux autres matériaux dont
ils ne s'alimentent pas pour autant. Ces dégâts annexes sont parfois aussi importants que ceux
faits aux matériaux dont ils se nourrissent.
Les aliments
cellulosiques sont récoltés par les ouvriers pour leur propre alimentation,
mais aussi pour celle des autres membres de la colonie restés dans le sol.
Ramenée au nid, la nourriture leur est fournie soit par régurgitation
salivaire, soit par élimination.
Il existe trois modes
d'infestation :
• Par transport
accidentel de colonies ou de fragments de colonies au cours de
déménagements de matériaux par exemple.
• Par essaimage, ensuite
:
Au cours des premiers
jours chauds du printemps, d'avril à mai (un peu plus tôt ou un peu plus tard
suivant que le printemps est précoce ou tardif), on peut constater, le plus
souvent après une averse, l'émergence d'un grand nombre d'ailés. Ces essaimages
sont plus ou moins impressionnants suivant l'importance de la colonie
d'origine. Le nombre d'essaimants peut atteindre plusieurs centaines
d'individus mâles et femelles en proportions sensiblement égales. Dans les
habitations, ils se dirigent vers les portes et les fenêtres pour regagner
l'extérieur. Les termites sont de mauvais voiliers et les distances parcourues
ne dépassent pas quelques dizaines de mètres. Ils tombent alors sur le sol puis
perdent leurs ailes.
Les femelles suivies de
leurs mâles cherchent l'emplacement favorable à l'installation de leur chambre
nuptiale (vieille souche d'arbre, tas de feuilles mortes, humus). Après
l'accouplement, la femelle commence à pondre des oeufs. C'est par ses propres
réserves qu'est assurée l'alimentation de la première génération qui prendra
ensuite le relais.
Il est à noter que ce
mode de propagation semblerait être marginal pour les termites urbains.
• Par bouturage,
enfin.
La formation d'une
nouvelle colonie peut se produire lorsqu'un certain nombre d'individus -une
cinquantaine peut suffire- ouvriers, soldats, néoténiques, nymphes- se trouvent
trop isolés de la colonie-mère par une grande distance ou pour une cause
accidentelle telle que le transport de matériaux infestés, déménagement de meubles
d'une habitation, création d'une barrière de traitement des les fondations
d'une construction. Il faut alors bien évidemment que les conditions de leur
nouveau gîte soient favorables à leur installation, notamment la proximité
d'une source d'eau. Pour la reproduction, les néoténiques prenant alors la
place des sexués deviennent fonctionnels.
Le danger, et par la même, l'étendue des
destructions provoquées par les termites, provient du fait que l'on ne voit
rien, que l'on n'entend rien.
Comme l'écrivait Maurice
Maeterlinck " rien n'est à l'abri de leurs déprédations qui ont
quelque chose d'effarant et de surnaturel, parce qu'elles sont toujours
secrètes et ne se révélent qu'à l'instant du désastre ". Parfois, en
outre, le travail destructeur s'accomplit avec une foudroyante rapidité.
Toutes les essences
forestières européennes peuvent être attaquées par les termites. Seul un nombre limité d'essences
tropicales, et uniquement le duramen, sont considérées comme présentant une
excellente durabilité naturelle. Il s'agit de bois très denses comme
l'angélique, l'azobé, le bilanga, le doussié, le douka, le makoré, le moabi, le
niové, le padouk, le wacapou ou le wengé. Les autres essences tropicales sont
susceptibles d'être dégradées, les dégradations pouvant aller de quelques
détériorations localisées et profondes à la destruction complète.
Il est à noter, en règle
générale, que les bois altérés par les champignons, qui sont l'indice d'une
présence d'humidité, ont la préférence des termites.
Généralement, la colonie
est située dans le sol où elle trouve l'eau indispensable à sa vie. A partir de
la termitière où résident le roi et la reine, les jeunes larves, les nymphes et
les soldats, les ouvriers rayonnent à la recherche d'aliments dans des galeries
où ils circulent à l'abri de la lumière dans un va-et-vient incessant. Ces
galeries, toujours vides de sciure (à l'inverse des insectes xylophages qui
vivent isolément : capricorne, lyctus, vrillettes) sont creusées ou
construites.
Les termites sont
lucifuges et redoutent toute exposition à l'air. Ainsi, les galeries faites
par les termites sont de deux types :
• soit creusées
dans le sol ou les matériaux tendres tels que le bois, les matières plastiques,
le plâtre ;
• soit construites
avec un mélange de terre, de particules de bois, d'excrément et de salive à la
surface de matériaux trop durs pour pouvoir être forés, comme le béton, le
ciment et la pierre. Elles forment alors un réseau de petits cordons ou
cordonnets courant sur les murs.
Pour pénétrer dans une
maison, le termite construit ses chemins à travers les joints de mortier
d'étanchéité et de dilatation, dans les canalisations, dans les vides
sanitaires, dans les gaines de câbles électriques (créant parfois des
courts-circuits).
Il est à noter que, si
les conditions hydriques sont favorables, certaines termitières peuvent établir
leur " quartier général " dans les murs. Dans ce cas, les
reproducteurs sont toujours des néoténiques de remplacement.
La termitière étant
située dans le sol, il est évident que la présence de ces insectes devra être
décelable dans les niveaux inférieurs des constructions plutôt que dans les
charpentes. Le nid situé sous la terre est très difficile, voire impossible à
localiser et ce n'est que très rarement que les professionnels de la lutte
antitermites ont réussi à découvrir un nid de termites de Saintonge. En outre,
le termite étant lucifuge et redoutant toute exposition à l'air, qui
entraînerait son dessèchement, il circule et travaille toujours à couvert, ce
qui accentue ces difficultés de détection.
Outre l'essaimage qui est
rare en milieu urbain, leur présence peut donc être décelée :
- par les
cordonnets, généralement verticaux, à rechercher notamment dans les
sous-sols où le matériau de construction est brut. Dans les étages, lorsque
celui-ci est dur, le termite préférera circuler dans les plâtres lorsqu'il y en
a.
De la même façon, il est
capable de construire de véritables ouvrages tels que ponts, stalactites ou
stalagmites pour atteindre l'aliment convoité ;
- dans le bois, par
sondage avec un outil pointu, notamment dans les huisseries, les plinthes,
les encastrements de pièces de bois dans les murs. Dans le bois, il creuse,
tout en respectant une pellicule de surface, des lacunes, plus que des galerie
étroites, toujours vides de vermoulure, il se nourrit également du bois de
printemps respectant le bois dit d'été assurant ainsi la solidité de ses voies
de circulation, ce qui donne aux boiseries affectées un aspect feuilleté
caractéristique. Tant dans les matériaux traversés que dans les bois, le
termite tapisse les parois de son cheminement d'un ciment identique à celui
utilisé pour la construction des cordonnets.
Cette présence de ciment
sur les parois des galeries constitue un élément de diagnostic important, car
elle permet de distinguer les dégâts de ceux occasionnés par les fourmis. Les
Hyménoptères, en effet, creusent dans les bois des lacunes identiques vides de
vermoulure, mais aux parois parfaitement nettes ;
- par des petits
trous de 2 mm environ, noirs, visibles sur les plâtres de plafonds ou
des murs lorsqu'ils ne sont pas tapissés, qui constituent des cheminées
d'aération.
Une inspection destinée à
la mise en évidence de la présence de termites nécessite une connaissance
approfondie de la biologie et du mode de vie de ces insectes.
Elle requiert surtout une
observation visuelle attentive, et assez peu de matériel car les dégradations
des murs et des boiseries doivent être a priori soigneusement évitées. Ne sont
indispensables qu'une bonne lampe-torche, un pinçon fin type alène de
cordonnier pour sonder les matériaux sans faire de perforations visibles et une
échelle pour atteindre les parties élevées, et la charpente en particulier.
Ils ne sont pas encore
répandus en France mais ont beaucoup de succès aux Etats Unis et au Japon.
• Les chiens
renifleurs
Ce moyen de lutte contre
les termites pourrait être un bon débouché pour des éleveurs de chien en France
(notamment de race Beagle), les termites n'étant sans doute pas plus difficiles
à détecter que les truffes par exemple !
• Les détecteurs
électroniques d'odeurs
Les gaz sont un
sous-produit du métabolisme des termites. Un des gaz produits en abondance est
le méthane.
Un appareil a été récemment
lancé aux Etats Unis par une firme du Nouveau Mexique : il est portable et
peut mesurer la quantité de gaz émis et possède une alarme pour avertir
l'utilisateur de la présence de ces gaz.
Cependant les études
techniques et scientifiques sur sa fiabilité ne sont pas terminées.
• Les détecteurs
d'émissions acoustiques
Il existe différents
modèles en cours de développement aux USA et au Japon. En France, un appareil
est également à l'étude. Ils sont composés d'une unité centrale connectée à
deux palpeurs que l'on dispose à la surface du bois à sonder. Les signaux
sonores captés par les palpeurs sont amplifiés, puis filtrés, un
microprocesseur les analyse et les comptabilise, en les restituant
intégralement si bien que l'appareil permet théoriquement d'estimer la quantité
de termites en activité dans la zone sondée. La distance maximum de détection à
travers le bois est de 80 cm dans le sens longitudinal des fibres du bois
et de 8 cm dans le sens tangentiel.
Il semble cependant que
ces appareils rencontrent des problèmes de réglage et de fiabilité, et qu'en
outre des sons parasites ne puissent être écartés facilement de l'analyse.
Après cette détection,
une expertise est souvent nécessaire afin d'évaluer les différents traitements
possibles et les risques liés à l'utilisation des produits toxiques.
Pour être correctement
effectué, ce diagnostic requiert, outre des connaissances très approfondies sur
les termites, une parfaite connaissance des techniques de la construction.
• Les traitements
préventifs
La lutte contre les
termites doit s'inspirer des particularités de sa biologie.
Il faut, dans un
premier temps, agir sur les facteurs qui sont à l'origine de l'infestation,
c'est-à-dire :
- supprimer
toutes les infiltrations d'eau dues aux fenêtres non étanches, joints de
canalisation desséchés, robinets fuyants, humidité de certains dessous d'évier
ou remontée dans les murs par capillarité, etc. Le fait de rétablir les
conditions hydriques normales prive le termite d'approvisionnement en eau dans
la maison. Il peut néanmoins en trouver encore dans le sol ;
- éliminer tous
les débris divers qui peuvent constituer des voies d'accès et
d'approvisionnement en matière cellulosique, tas de bois de chauffage, vieux
meubles, cartons et livres rangés dans les caves, lierre sur les murs
extérieurs...
Le termite trouvera ainsi
beaucoup moins d'aliments et donc d'intérêt à venir dans une maison.
• Les traitements
curatifs
Les termites sont
présents dans toutes les parties du monde situées des régions tempérées aux
régions tropicales et équatoriales, occupant environ 70 % des terres
émergées.
C'est de loin dans les
régions des forêts tropicales de l'Afrique, de l'Amérique centrale et du Sud et
de l'Extrême-Orient qu'ils sont les plus récents. Mais on peut les trouver dans
des zones où le climat est plus froid et plus sec comme les Etats Unis, le
Japon, l'Australie, l'Afrique du Sud, les pays du Sud de l'Europe et même dans
les zones semi-désertiques comme les pays du Golfe.
Enfin, ils sont présents
à l'état endémique dans les zones urbaines de régions climatiques où ils ne
pourraient pas vivre en conditions naturelles, comme par exemple certaines
villes du Canada, Hambourg et même New-York ou Paris. Cette colonisation assez
récente a été rendue possible par le fait que les zones urbaines leur procurent
un environnement artificiel favorable grâce aux installations de chauffage.
C'est évidemment dans
les zones urbanisées des pays les plus développés que les termites ont provoqué
les dégâts les plus importants aux constructions, entraînant le développement
d'une industrie structurée de la lutte anti-termites.
La répartition du marché
mondial des produits anti-termites (de l'ordre de 20 milliards de francs)
reflète, sinon l'importance des dégâts dus aux termites, du moins l'ampleur des
moyens mis en oeuvre pour lutter contre eux.
Suivant ce critère, les
Etats-Unis représentent près de 45 % du marché mondial, suivis du Japon
avec près de 20 %. Viennent ensuite la Chine, le Sud-Est asiatique,
l'Inde, le Moyen-Orient et l'Australie.
La France ne
représente qu'à peine plus de 1 % de ce marché.
Il existe une grande
diversité dans les techniques de lutte anti-termites dans le monde : injection dans le sol
d'insecticides au Moyen-Orient, pulvérisation de produits en Chine et dans le
Sud-Est Asiatique, utilisation d'appâts, mise au point de barrières physiques
en Australie et traitement au sol aux Etats-Unis.
Si l'on compare ces
techniques avec celles qui sont utilisées en France, on constate que la méthode
française est sans doute celle qui va le plus loin dans le recours à la
barrière chimique.
En particulier, la France est le seul pays où les termites souterrains ont
trois barrières à franchir pour parvenir à leur objectif ultime, à
savoir la charpente en bois : une barrière sol, une barrière murs, et une
barrière bois.
En particulier le
traitement des murs est une spécificité uniquement française. Cela explique que
la France a dû mettre au point une méthode originale d'évaluation des produits
destinés au traitement des murs.
On peut cependant noter
qu'il n'existe pas actuellement ici de méthode pour tester des produits
anti-termites en durée réelle dans les conditions de la pratique (essais de
champ). La certification repose uniquement sur des essais d'efficacité
biologique en laboratoire, et c'est peut-être une lacune qu'il serait
souhaitable de combler, car dans tous les autres pays les essais de laboratoire
ne servent qu'à préciser les doses à utiliser ultérieurement dans les essais de
champ.
En ce qui concerne les
termiticides utilisés, la France se distingue aussi par l'emploi de produits
qui ne sont commercialisés nulle part ailleurs dans le monde.
Le retrait de l'Aldrine
du marché en 1994 a été l'événement marquant des dernières années. Il faut
espérer que la technique d'application plus radicale utilisée en France
permettra de gommer la principale conséquence notée dans les 3 ou 4 ans
suivant le retrait de organochlorés dans le reste du monde, à savoir la
réduction de la durée d'efficacité du traitement. Si ce même phénomène est
constaté en France dans les années qui viennent, alors la meilleure parade pour
la profession des applicateurs sera, à l'exemple des Etats Unis, la mise en
place de contrats d'entretien de la barrière chimique.
Enfin, le succès de
l'introduction des méthodes alternatives comme les barrières physico-chimiques
et les appâts plus respectueux de l'environnement pourrait apporter des
changements assez radicaux dans la politique de lutte contre les termites.
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