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RAPPORT D’INFORMATIONS SOURCE SENAT

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LE DÉVELOPPEMENT DES TERMITES :

1.      Les différentes espèces de termites présentes en France     2.  La répartition des termites en France

LES ÉLÉMENTS FAVORISANT LE DÉVELOPPEMENT DES TERMITES :

1. La nécessité d'une source d'eau     2. La combinaison humidité/chaleur est donc un des facteurs clé du développement des termites.

LES DÉGÂTS PROVOQUÉS PAR LES TERMITES :

1. L'alimentation des termites est à l'origine de ces déprédations     2.Une situation renforcée par la diversité des modes d'infestation 

3. Un danger " obscur "  

UNE DÉTECTION DIFFICILE :

1. Les indices permettant d'identifier la présence des termites  2. La conduite d'une inspection   3. Les nouveaux outils de détection

L'EFFICACITÉ DES INSTRUMENTS DE LUTTE CONTRE LES TERMITES

1.Les méthodes de lutte    

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LE DÉVELOPPEMENT DES TERMITES :

Il est courant de qualifier le termite d'insecte broyeur " à développement progressif ". Une telle métaphore peut être utilisée pour décrire le développement des termites en France, et ce, notamment, depuis une cinquantaine d'années.

1. Les différentes espèces de termites présentes en France

On compte de par le monde environ deux mille espèces de termites dont la grande majorité vit dans les régions tropicales et équatoriales. En France, sont rencontrées seulement trois d'entre elles :

- le reticulitermes santonensis ou termite de Saintonge ;

- le reticulitermes lucifugus ou termite lucifuge des Landes, représenté par quatre espèces :

. le reticulitermes lucifugus lucifugus ;

. le reticulitermes lucifugus grassei ;

. le reticulitermes lucifugus banyulensis ;

. le reticulitermes lucifugus corsicus ;

- le kalotermes falavicollis ou termite flavicolle vivant surtout en Provence.

Ce sont les deux premières espèces que l'on retrouve dans les constructions. La troisième espèce se trouve fréquemment dans les ceps de vigne, mais depuis deux ans, des dégâts réalisés par ces termites, ont été signalés dans des éléments de construction. Les Kalotermes appartiennent à la famille des Kalotermitidae qui sont des termites de bois secs.

Le tableau suivant résume ces constatations 7

 

Date

Département

Eléments de diagnostic

Localisation des dégâts

Remarques

 

 

 

 

 

 

 

1994

Charente-Maritime (17)

Vermoulure

Essaimants : Cryptotermes

Solivage dans la cuisine

 

 

 

 

 

 

 

 

1994

Bouches-du-Rhône (69)

Vermoulure

Essaimants : Kalotermes Flavicollis

Parquet sur cave

 

 

1995

Bouches-du-Rhône (13)

Vermoulure

Eléments de charpente

Espèce non déterminée

 

1996

Alpes Maritimes (06)

Vermoulure

Essaimants : Kalotermes Flavicollis

Poutre d'auvent

Solive

 

 

1996

Loiret (45)

Vermoulure

Nymphes

Encadrements et montants de portes isoplanes

Espèce non déterminée

 

1996

Bouches-du-Rhône (69)

Essaimants : Kalotermes Flavicollis

Non communiqué

 

 

 

 

 

 

 

 

1996

Var (83)

Essaimants : Kalotermes Flavicollis

Eléments de charpente

 

 


Source CTBA

Les Kalotermitidae sont des termites qui fondent leur colonie dans le bois lui-même. Ce sont des colonies plus petites que celles des termites souterrains, puisqu'elles ne contiennent que plusieurs centaines d'individus. La colonie peut vivre sans association ou communication avec une source d'humidité. Les individus se contentent de l'humidité du bois. Presque toutes les essences de bois peuvent être attaquées. Ces termites peuvent fonder leur colonie dans des arbres morts, mais aussi dans des éléments de structure en bois, des meubles et des menuiseries même si ils sont mobiles. Il pénètrent dans le bois par des crevasses, des fentes ou même par d'anciens trous de sortie d'insecte à larve xylophage (Capricorne, Lyctus, Vrillette).

La biologie des termites de bois secs est différente de celle des termites souterrains, les méthodes de lutte ne sont donc pas les mêmes. C'est pour cette raison que devant des dégradations, il est nécessaire de rechercher quel est le genre de termites mis en cause.

2. La répartition des termites en France

La carte suivante permet de mieux appréhender la répartition des termites en France en 1996.

La présence des termites dans les villes du Sud-Ouest de la France est officiellement connue depuis le XVIIIe siècle. Jusqu'à ces vingt dernières années, les zones contaminées de façon endémique étaient : les régions au sud de la Loire (sur une bande côtière d'une centaine de kilomètres de long de l'Atlantique, qui s'élargit dans le bassin de la Garonne), le pourtour du bassin Méditerranéen et cinq quartiers de Paris dont l'infestation a été décelée à la dernière guerre. Or, depuis les années 1960 et de façon plus prononcée les années 70, on constate une extension des zones atteintes vers le Nord-Est. Ainsi, on note leur présence au nord de la Loire, une recrudescence d'activité dans certains départements, l'infestation de quartiers isolés dans des villes éloignées de leur zone d'origine (16), la multiplication des quartiers de Paris touchés (15 au lieu de 5) et la dissémination de dix foyers dans la banlieue et la région parisienne, foyers éloignés les uns des autres.

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LES ÉLÉMENTS FAVORISANT LE DÉVELOPPEMENT DES TERMITES

Le facteur humain est fondamental comme élément explicatif de la propagation du phénomène : en effet, l'animal s'attaque à l'habitat (bois, charpente...) et on sait que sa progression s'est accrue avec la généralisation du chauffage central (vers 1945-1950). En outre, on peut constater que les termites se développent en rapport inverse de l'activité humaine, investissant des zones délaissées ou non entretenues par l'homme.

Ainsi la biologie des termites s'acclimate-t-elle donc très bien de l'urbanisation croissante.

Deux facteurs permettent tout particulièrement leur développement :

• La nécessité d'une source d'eau

La condition première du développement des termites est la possibilité d'un approvisionnement en eau. C'est pour cette raison que leur présence est notée généralement dans les régions humides, dans les agglomérations situées à proximité d'un cours d'eau ou dans les endroits où la nappe phréatique est à une faible profondeur.

Toutefois, il est à noter que, si l'eau est indispensable, les quantités qui leur sont nécessaires peuvent être relativement faibles. Ainsi la condensation produite sur un tuyau d'eau calorifugé, de même que l'eau de pluie s'infiltrant dans un mur dont le crépi est mal entretenu, peut leur fournir une source d'humidification suffisante.

En outre, les remontées capillaires ou l'humidité ascensionnelle qui proviennent sauf exception, des terres, des fondations et des murs de soubassements, favorisent la présence des termites.

L'origine de cette humidité peut être également de cause accidentelle, soit due à une fuite par rupture de canalisation, soit par manque d'étanchéité d'un collecteur d'eaux pluviales, etc...

Cette constatation est d'autant plus vraie dans les régions à forte hygrométrie, telle que le Sud-Ouest, ou riches en eaux souterraines du type sources ou rivières comme le Sud-Est.

Ainsi, dans les villes très urbanisées, les souterrains, le chauffage et les réseaux favorisent le cheminement et le développement des termites.

• L'action de la température

La présence des termites sous les latitudes tropicales, équatoriales et en France dans les régions méridionales démontre les besoins qu'a cet insecte d'une température ambiante élevée. Si celle-ci peut leur être donnée par le climat, elle peut aussi leur être artificiellement fournie par le chauffage interurbain ou la pratique de l'isolation des bâtiments.

La combinaison humidité/chaleur est donc un des facteurs clé du développement des termites.

Dans son livre intitulé " La vie des termites ", Maurice Maeterlinck fait état des constatations du Dr David Livingstone (1871) explorateur et naturaliste qui, avec le Dr Stanley, constatait, sur les bords du lac Tanganyika que l'intérieur des termitières conservait une humidité surprenante et invariable, malgré l'aridité de l'air et du sol calciné des étés tropicaux qui tarissent les sources et dessèchent jusqu'aux racines des arbres.

Le Dr Livingstone se demandait, si les termites, par des procédés inconnus, ne réussissaient pas à combiner l'oxygène de l'atmosphère, avec l'hydrogène d'amas végétaux stockés dans la termitière, de manière à reconstituer l'eau dont ils ont besoin par évaporation.

Ainsi comme tout parasite, le termite est-il lié à la vie de l'homme. Phénomène ancien et en constante progression (on trouve des foyers de termites dans une cinquantaine de départements français), il a provoqué déjà de très nombreux sinistres.

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UN DANGER SOUVENT SOUS ESTIMÉ

" Il n'y a pas... une famille d'insectes dont les membres mènent une guerre aussi incessante contre l'oeuvre de l'homme " écrivait W.W. Frogatt en 1895 dans son ouvrage sur les termites en Australie.

Les maisons croulent intérieurement rongées de la base au sommet. Les meubles, les luges, les papiers, les vêtements, les chaussures, les provisions, les bois... disparaissent.

L'alimentation de ces insectes, les modes de propagation et leur condition de vie provoquent ces dégâts dont la littérature scientifique donne de multiples exemples.

LES DÉGÂTS PROVOQUÉS PAR LES TERMITES

1. L'alimentation des termites est à l'origine de ces déprédations

L'aliment principal du termite est essentiellement la cellulose qu'il recherche partout où il est susceptible de la trouver :

- le bois : souche, bois ouvrés (solive, parquet, meuble, charpente),

- le papier,

- les textiles.

Les termites sont généralement considérés comme des mangeurs de bois. Mais, si cette conception est le plus souvent vraie, les Isoptères ne sont pas tous exclusivement xylophages ; il existe parmi eux de véritables polyphages comme le Mastotermes darwiniensis, fléau de l'Australie septentrionale, qui consomme non seulement tout ce qui contient de la cellulose (bois, toile, coton, etc.) mais aussi la laine, la corne, l'ivoire, le sucre, etc. Cette polyphagie rapproche les termites des blattes qui ont un régime omnivore. En règle générale, les espèces les plus primitives (Kalotermes, Zootermopsis) sont xylophages, les Rhinotermitidés (Reticulitermes) y ajoutent diverses matières d'origine végétale, et les espèces supérieures (famille des Termitidés) ont des régimes plus variés[8].

Au cours de leur recherche de nourriture, ils peuvent dégrader de nombreux autres matériaux dont ils ne s'alimentent pas pour autant. Ces dégâts annexes sont parfois aussi importants que ceux faits aux matériaux dont ils se nourrissent.

Les aliments cellulosiques sont récoltés par les ouvriers pour leur propre alimentation, mais aussi pour celle des autres membres de la colonie restés dans le sol. Ramenée au nid, la nourriture leur est fournie soit par régurgitation salivaire, soit par élimination.

2. Une situation renforcée par la diversité des modes d'infestation

Il existe trois modes d'infestation :

• Par transport accidentel de colonies ou de fragments de colonies au cours de déménagements de matériaux par exemple.

• Par essaimage, ensuite :

Au cours des premiers jours chauds du printemps, d'avril à mai (un peu plus tôt ou un peu plus tard suivant que le printemps est précoce ou tardif), on peut constater, le plus souvent après une averse, l'émergence d'un grand nombre d'ailés. Ces essaimages sont plus ou moins impressionnants suivant l'importance de la colonie d'origine. Le nombre d'essaimants peut atteindre plusieurs centaines d'individus mâles et femelles en proportions sensiblement égales. Dans les habitations, ils se dirigent vers les portes et les fenêtres pour regagner l'extérieur. Les termites sont de mauvais voiliers et les distances parcourues ne dépassent pas quelques dizaines de mètres. Ils tombent alors sur le sol puis perdent leurs ailes.

Les femelles suivies de leurs mâles cherchent l'emplacement favorable à l'installation de leur chambre nuptiale (vieille souche d'arbre, tas de feuilles mortes, humus). Après l'accouplement, la femelle commence à pondre des oeufs. C'est par ses propres réserves qu'est assurée l'alimentation de la première génération qui prendra ensuite le relais.

Il est à noter que ce mode de propagation semblerait être marginal pour les termites urbains.

• Par bouturage, enfin.

La formation d'une nouvelle colonie peut se produire lorsqu'un certain nombre d'individus -une cinquantaine peut suffire- ouvriers, soldats, néoténiques, nymphes- se trouvent trop isolés de la colonie-mère par une grande distance ou pour une cause accidentelle telle que le transport de matériaux infestés, déménagement de meubles d'une habitation, création d'une barrière de traitement des les fondations d'une construction. Il faut alors bien évidemment que les conditions de leur nouveau gîte soient favorables à leur installation, notamment la proximité d'une source d'eau. Pour la reproduction, les néoténiques prenant alors la place des sexués deviennent fonctionnels.

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. Un danger " obscur "

Le danger, et par la même, l'étendue des destructions provoquées par les termites, provient du fait que l'on ne voit rien, que l'on n'entend rien.

Comme l'écrivait Maurice Maeterlinck " rien n'est à l'abri de leurs déprédations qui ont quelque chose d'effarant et de surnaturel, parce qu'elles sont toujours secrètes et ne se révélent qu'à l'instant du désastre ". Parfois, en outre, le travail destructeur s'accomplit avec une foudroyante rapidité.

Toutes les essences forestières européennes peuvent être attaquées par les termites. Seul un nombre limité d'essences tropicales, et uniquement le duramen, sont considérées comme présentant une excellente durabilité naturelle. Il s'agit de bois très denses comme l'angélique, l'azobé, le bilanga, le doussié, le douka, le makoré, le moabi, le niové, le padouk, le wacapou ou le wengé. Les autres essences tropicales sont susceptibles d'être dégradées, les dégradations pouvant aller de quelques détériorations localisées et profondes à la destruction complète.

Il est à noter, en règle générale, que les bois altérés par les champignons, qui sont l'indice d'une présence d'humidité, ont la préférence des termites.

Généralement, la colonie est située dans le sol où elle trouve l'eau indispensable à sa vie. A partir de la termitière où résident le roi et la reine, les jeunes larves, les nymphes et les soldats, les ouvriers rayonnent à la recherche d'aliments dans des galeries où ils circulent à l'abri de la lumière dans un va-et-vient incessant. Ces galeries, toujours vides de sciure (à l'inverse des insectes xylophages qui vivent isolément : capricorne, lyctus, vrillettes) sont creusées ou construites.

Les termites sont lucifuges et redoutent toute exposition à l'air. Ainsi, les galeries faites par les termites sont de deux types :

• soit creusées dans le sol ou les matériaux tendres tels que le bois, les matières plastiques, le plâtre ;

• soit construites avec un mélange de terre, de particules de bois, d'excrément et de salive à la surface de matériaux trop durs pour pouvoir être forés, comme le béton, le ciment et la pierre. Elles forment alors un réseau de petits cordons ou cordonnets courant sur les murs.

Pour pénétrer dans une maison, le termite construit ses chemins à travers les joints de mortier d'étanchéité et de dilatation, dans les canalisations, dans les vides sanitaires, dans les gaines de câbles électriques (créant parfois des courts-circuits).

Il est à noter que, si les conditions hydriques sont favorables, certaines termitières peuvent établir leur " quartier général " dans les murs. Dans ce cas, les reproducteurs sont toujours des néoténiques de remplacement.

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 UNE DÉTECTION DIFFICILE

La termitière étant située dans le sol, il est évident que la présence de ces insectes devra être décelable dans les niveaux inférieurs des constructions plutôt que dans les charpentes. Le nid situé sous la terre est très difficile, voire impossible à localiser et ce n'est que très rarement que les professionnels de la lutte antitermites ont réussi à découvrir un nid de termites de Saintonge. En outre, le termite étant lucifuge et redoutant toute exposition à l'air, qui entraînerait son dessèchement, il circule et travaille toujours à couvert, ce qui accentue ces difficultés de détection.

1. Les indices permettant d'identifier la présence des termites

Outre l'essaimage qui est rare en milieu urbain, leur présence peut donc être décelée :

par les cordonnets, généralement verticaux, à rechercher notamment dans les sous-sols où le matériau de construction est brut. Dans les étages, lorsque celui-ci est dur, le termite préférera circuler dans les plâtres lorsqu'il y en a.

De la même façon, il est capable de construire de véritables ouvrages tels que ponts, stalactites ou stalagmites pour atteindre l'aliment convoité ;

dans le bois, par sondage avec un outil pointu, notamment dans les huisseries, les plinthes, les encastrements de pièces de bois dans les murs. Dans le bois, il creuse, tout en respectant une pellicule de surface, des lacunes, plus que des galerie étroites, toujours vides de vermoulure, il se nourrit également du bois de printemps respectant le bois dit d'été assurant ainsi la solidité de ses voies de circulation, ce qui donne aux boiseries affectées un aspect feuilleté caractéristique. Tant dans les matériaux traversés que dans les bois, le termite tapisse les parois de son cheminement d'un ciment identique à celui utilisé pour la construction des cordonnets.

Cette présence de ciment sur les parois des galeries constitue un élément de diagnostic important, car elle permet de distinguer les dégâts de ceux occasionnés par les fourmis. Les Hyménoptères, en effet, creusent dans les bois des lacunes identiques vides de vermoulure, mais aux parois parfaitement nettes ;

par des petits trous de 2 mm environ, noirs, visibles sur les plâtres de plafonds ou des murs lorsqu'ils ne sont pas tapissés, qui constituent des cheminées d'aération.

2. La conduite d'une inspection

Une inspection destinée à la mise en évidence de la présence de termites nécessite une connaissance approfondie de la biologie et du mode de vie de ces insectes.

Elle requiert surtout une observation visuelle attentive, et assez peu de matériel car les dégradations des murs et des boiseries doivent être a priori soigneusement évitées. Ne sont indispensables qu'une bonne lampe-torche, un pinçon fin type alène de cordonnier pour sonder les matériaux sans faire de perforations visibles et une échelle pour atteindre les parties élevées, et la charpente en particulier.

3. Les nouveaux outils de détection

Ils ne sont pas encore répandus en France mais ont beaucoup de succès aux Etats Unis et au Japon.

• Les chiens renifleurs

Ce moyen de lutte contre les termites pourrait être un bon débouché pour des éleveurs de chien en France (notamment de race Beagle), les termites n'étant sans doute pas plus difficiles à détecter que les truffes par exemple !

• Les détecteurs électroniques d'odeurs

Les gaz sont un sous-produit du métabolisme des termites. Un des gaz produits en abondance est le méthane.

Un appareil a été récemment lancé aux Etats Unis par une firme du Nouveau Mexique : il est portable et peut mesurer la quantité de gaz émis et possède une alarme pour avertir l'utilisateur de la présence de ces gaz.

Cependant les études techniques et scientifiques sur sa fiabilité ne sont pas terminées.

• Les détecteurs d'émissions acoustiques

Il existe différents modèles en cours de développement aux USA et au Japon. En France, un appareil est également à l'étude. Ils sont composés d'une unité centrale connectée à deux palpeurs que l'on dispose à la surface du bois à sonder. Les signaux sonores captés par les palpeurs sont amplifiés, puis filtrés, un microprocesseur les analyse et les comptabilise, en les restituant intégralement si bien que l'appareil permet théoriquement d'estimer la quantité de termites en activité dans la zone sondée. La distance maximum de détection à travers le bois est de 80 cm dans le sens longitudinal des fibres du bois et de 8 cm dans le sens tangentiel.

Il semble cependant que ces appareils rencontrent des problèmes de réglage et de fiabilité, et qu'en outre des sons parasites ne puissent être écartés facilement de l'analyse.

Après cette détection, une expertise est souvent nécessaire afin d'évaluer les différents traitements possibles et les risques liés à l'utilisation des produits toxiques.

Pour être correctement effectué, ce diagnostic requiert, outre des connaissances très approfondies sur les termites, une parfaite connaissance des techniques de la construction.

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 L'EFFICACITÉ DES INSTRUMENTS DE LUTTE CONTRE LES TERMITES

1. Les méthodes de lutte

Les traitements préventifs

La lutte contre les termites doit s'inspirer des particularités de sa biologie.

Il faut, dans un premier temps, agir sur les facteurs qui sont à l'origine de l'infestation, c'est-à-dire :

supprimer toutes les infiltrations d'eau dues aux fenêtres non étanches, joints de canalisation desséchés, robinets fuyants, humidité de certains dessous d'évier ou remontée dans les murs par capillarité, etc. Le fait de rétablir les conditions hydriques normales prive le termite d'approvisionnement en eau dans la maison. Il peut néanmoins en trouver encore dans le sol ;

éliminer tous les débris divers qui peuvent constituer des voies d'accès et d'approvisionnement en matière cellulosique, tas de bois de chauffage, vieux meubles, cartons et livres rangés dans les caves, lierre sur les murs extérieurs...

Le termite trouvera ainsi beaucoup moins d'aliments et donc d'intérêt à venir dans une maison.

Les traitements curatifs

Les termites sont présents dans toutes les parties du monde situées des régions tempérées aux régions tropicales et équatoriales, occupant environ 70 % des terres émergées.

C'est de loin dans les régions des forêts tropicales de l'Afrique, de l'Amérique centrale et du Sud et de l'Extrême-Orient qu'ils sont les plus récents. Mais on peut les trouver dans des zones où le climat est plus froid et plus sec comme les Etats Unis, le Japon, l'Australie, l'Afrique du Sud, les pays du Sud de l'Europe et même dans les zones semi-désertiques comme les pays du Golfe.

Enfin, ils sont présents à l'état endémique dans les zones urbaines de régions climatiques où ils ne pourraient pas vivre en conditions naturelles, comme par exemple certaines villes du Canada, Hambourg et même New-York ou Paris. Cette colonisation assez récente a été rendue possible par le fait que les zones urbaines leur procurent un environnement artificiel favorable grâce aux installations de chauffage.

C'est évidemment dans les zones urbanisées des pays les plus développés que les termites ont provoqué les dégâts les plus importants aux constructions, entraînant le développement d'une industrie structurée de la lutte anti-termites.

La répartition du marché mondial des produits anti-termites (de l'ordre de 20 milliards de francs) reflète, sinon l'importance des dégâts dus aux termites, du moins l'ampleur des moyens mis en oeuvre pour lutter contre eux.

Suivant ce critère, les Etats-Unis représentent près de 45 % du marché mondial, suivis du Japon avec près de 20 %. Viennent ensuite la Chine, le Sud-Est asiatique, l'Inde, le Moyen-Orient et l'Australie.

La France ne représente qu'à peine plus de 1 % de ce marché.

Il existe une grande diversité dans les techniques de lutte anti-termites dans le monde : injection dans le sol d'insecticides au Moyen-Orient, pulvérisation de produits en Chine et dans le Sud-Est Asiatique, utilisation d'appâts, mise au point de barrières physiques en Australie et traitement au sol aux Etats-Unis.

Si l'on compare ces techniques avec celles qui sont utilisées en France, on constate que la méthode française est sans doute celle qui va le plus loin dans le recours à la barrière chimique. En particulier, la France est le seul pays où les termites souterrains ont trois barrières à franchir pour parvenir à leur objectif ultime, à savoir la charpente en bois : une barrière sol, une barrière murs, et une barrière bois.

En particulier le traitement des murs est une spécificité uniquement française. Cela explique que la France a dû mettre au point une méthode originale d'évaluation des produits destinés au traitement des murs.

On peut cependant noter qu'il n'existe pas actuellement ici de méthode pour tester des produits anti-termites en durée réelle dans les conditions de la pratique (essais de champ). La certification repose uniquement sur des essais d'efficacité biologique en laboratoire, et c'est peut-être une lacune qu'il serait souhaitable de combler, car dans tous les autres pays les essais de laboratoire ne servent qu'à préciser les doses à utiliser ultérieurement dans les essais de champ.

En ce qui concerne les termiticides utilisés, la France se distingue aussi par l'emploi de produits qui ne sont commercialisés nulle part ailleurs dans le monde.

Le retrait de l'Aldrine du marché en 1994 a été l'événement marquant des dernières années. Il faut espérer que la technique d'application plus radicale utilisée en France permettra de gommer la principale conséquence notée dans les 3 ou 4 ans suivant le retrait de organochlorés dans le reste du monde, à savoir la réduction de la durée d'efficacité du traitement. Si ce même phénomène est constaté en France dans les années qui viennent, alors la meilleure parade pour la profession des applicateurs sera, à l'exemple des Etats Unis, la mise en place de contrats d'entretien de la barrière chimique.

Enfin, le succès de l'introduction des méthodes alternatives comme les barrières physico-chimiques et les appâts plus respectueux de l'environnement pourrait apporter des changements assez radicaux dans la politique de lutte contre les termites.

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